Our Recent Posts

Tags

[Repost octobre 2018] Coupable d'exister



(La photo est de moi.)


J’ai cherché un autre titre que celui-ci pour ne pas induire en erreur sur le sujet de mon article, mais rien d’autre ne me vient. Je vous demande de lire jusqu’au bout et de comprendre pourquoi j’emploie un terme aussi fort, tout en vous rassurant : aujourd’hui, je vais bien.


Je me disais qu’il serait bien que j’essaie de vous expliquer certaines de mes réactions face à une situation précise, que je vais dévoiler plus loin. Souvent, elles surprennent. On ne m’a jamais dit qu’elles frôlaient l’impolitesse, mais je ne serais pas surprise que l’on y ait déjà songé.


Vous venez d’offrir un cadeau à une personne, ou de la complimenter. Vous voyez cette personne être mal à l’aise, commencer à dire qu’il ne fallait pas, parfois paniquer…


Cette personne, c’est moi. C’est peut-être vous aussi.


A celles et ceux qui ne comprennent pas, je vais essayer d’expliquer ce qu’il se passe.


Je pense que vous connaissez tous les termes de légitimité, syndrome de l’imposteur, etc. Sans surprise, je suis concernée. Je ne suis pas née avec, cela s’est développé dès mon enfance à cause d’un ensemble de facteurs. Prière de ne pas juger ni de soupirer. Je ne me plains pas, j’établis des constats. Là, je viens de me justifier alors que je ne le devrais pas, parce que c’est devenu automatique. Il s’agit d’une autre conséquence de ce qui me touche. Je travaille à me débarrasser de cette habitude.


J’ai grandi avec des blessures que je panse encore aujourd’hui. J’ai grandi avec des idées destructrices que l’on m’a implantées dans le crâne. Je lutte très fort contre elles aujourd’hui, mais je reste humaine, alors il m’arrive de flancher. Quelles sont ces idées ?


- Pour être heureux, il faut obligatoirement souffrir.

- Au lieu de perdre mon temps à jouer/lire/faire ce qui me plaît, je devrais plutôt travailler. C’est être faignant. Et les faignants, ce sont des assistés qui finissent à la rue.

- A force de rêver/être dans la lune, on finit seul.

- Les loisirs, les arts, les passions n’apportent rien et ne permettent pas de gagner notre vie.

- Si tu n’y arrives pas, c’est que tu n’as pas fourni assez d’efforts (et ça va de pair avec l’idée que si l’on fait un break/s’offre un moment de loisir/se fait un cadeau personnel, c’est mal et c’est du temps de perdu).

- Pense aux autres, tout ne tourne pas autour de toi. Dites ça à une personne qui justement passe son temps à aider tout le monde, à écouter, à être empathique… et à être hypersensible. Vous pouvez vous assurer qu’elle finira par croire que finalement elle est égoïste/égocentrique, qu’elle n’est bonne à rien.

- Pleurer, c’est pour les bébés/les enfants/les faibles.

- Si tu as réussi, c’est parce qu’il a fallu qu’on te pousse au cul (donc en gros, aucun mérite personnel).

- Tu ne trompes personne, je sais qui tu es en réalité (…).


Le pire est que ces façons de penser m’ont été infligées majoritairement par des personnes destructrices : mon géniteur, mon ex beau-père pervers narcissique – je pèse mes mots, ne me dites pas que je ne sais pas ce que c’est et que ça n’existe pas. D’ailleurs, allez vous faire foutre si vous le pensez –, mon ex-professeur de chant, mes harceleurs et harceleuses…


Cette forte culpabilité qui me saisit à la gorge lorsque pour une fois, je pense à moi, ça aussi c’est lié. Ma peur des autres, ma phobie sociale (qui régresse, même si parfois il y a des périodes de blues) qui fait tant rire les cons qui prétextent que ça n’existe pas (comme la perversion narcissique), elle en découle aussi. C’est un CONSTAT. Je le marque en majuscules pour le hurler parce que ça fait du bien.


Je ne me vois plus comme une victime. Parce que la colère gronde, parce que mon moi intérieur se révolte, même si personne ne voit rien. Ce n’est pas parce que j’expose mes maux que je me lamente. En fait, pour ne rien cacher, je me suis toujours tue parce que, autre idée qu’on m’a fourrée, c’est mal, c’est nul. Non, il faut crever l’abcès. Je sais que celles et ceux qui veulent me nuire chercheront à me faire taire, mais c’est fini.


Vous savez, paradoxalement, chaque fois que j’ai connu une situation difficile et que j’étais au bord de la rupture, mon instinct a toujours su tirer une sonnette d’alarme en moi pour me pousser à mordre. J’aimerais à l’avenir ne plus employer ce mécanisme et contrer toute nuisance sur ma personne dès le départ. J’y travaille, parce que ça devient vital pour moi et qu’il s’agit d’un moyen pour moi d’asseoir ma légitimité d’exister.


C’est fort comme terme, n’est-ce pas ?


Celles et ceux qui pensent que je cherche à me faire plaindre, passez votre chemin. C’est à cause d’individus d’une trempe similaire à la vôtre si j’en suis là aujourd’hui, si je me bats tous les jours contre moi-même. Aux autres, ne vous vexez pas si j’ai une « mauvaise » réaction face aux cadeaux, à l’aide que l’on peut m’offrir, aux compliments. C’est pas facile pour moi de me dire que c’est normal. Ne vous énervez pas non plus, ça ne sert à rien. Accepter la différence, c’est aussi ça. D’ailleurs, à ce propos, je me rends compte que je ne suis pas si tolérante que ça, puisque pour me sentir bien, pour simplement vivre, j’écarte les personnes qui me nuisent (machos, égocentriques, PN, commères, les bien-pensants qui s’imaginent mieux me connaître que moi-même…). J’en viens à me poser la question si je suis ouverte d’esprit (rire jaune).


Le chemin est encore long, mais j’y arriverai.


Je ne me suis pas relue. J’ai posté ça avant de manquer de courage. Merci d’être indulgent.

©2020 by Justine_CM