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[Repost mars 2020] Quand le regard des autres vous paralyse à cause d’un TAS nébuleux




Image : Pixabay. (Mes jeux de mots me perdront.)


Je crois qu’il est temps de faire une petite mise au point sur quelque chose que vous avez sans doute perçu chez moi via mes écrits, mes statuts, voire pour certaines personnes en me rencontrant pour de vrai. Pourquoi j’éprouve le besoin d’en parler ouvertement ? Parce que cela peut être un moyen pour moi d’avancer, parce que le sujet vous interpellera peut-être, vous intéressera…


Je peux paraître sensible, impulsive, incompréhensible, je ne sais pas. Je ne suis pas dans vos têtes, mais une petite voix en moi me susurre souvent que c’est tout comme, et que vous êtes dans la mienne, capables de scruter la moindre de mes pensées, analyser le moindre de mes gestes, pour que vous découvriez que je ne suis pas une si bonne personne, que je trompe mon monde. Ça ressemble au syndrome de l’imposteur, mais la réalité est plus complexe. Il découle de ce dont je vais vous parler.


Cette petite voix, elle s’appelle TAS, ou trouble de l’anxiété sociale.


La peur du regard d’autrui. Cela se manifeste sur beaucoup d’aspects de ma vie, dont certains que vous ne soupçonneriez pas même si parfois, vous êtes perplexes devant ma façon d’agir. Au travail, lors de rendez-vous – professionnels, médicaux –, au téléphone, sur scène, lors de mes échanges par mail, réseaux sociaux, messagerie instantanée…


Elle est là et me pousse à surveiller mes faits et gestes, mes paroles, et puis parfois je me laisse aller à la spontanéité, puis ça se passe bien. Ou pas. Parfois, lors de ces moments de spontanéité, je mets les pieds dans le plat, tout part de travers. Ou pas. Quoi qu’il en soit, je sens une barrière, quelque chose chez l’autre, qui a mal compris mes intentions par exemple. Et là, c’est le drame. Je repasse la scène dans ma tête, je me dis que j’aurais dû dire ceci ou cela, agir de telle manière plutôt que d’une autre.


Cela fait presque dix ans que mon médecin m’a diagnostiquée alors que j’étais venue à la base pour « gérer mon stress dans certaines situations ». Je passe par des phases hautes et des phases basses. Si j’ai pu faire des progrès pour ne pas finir cloîtrée chez moi, à éviter tout ce qui provoque cette foutue anxiété (j’en suis loin, mais c’est un combat de tous les jours!), il n’en demeure pas moins que je ne pourrai jamais m’en débarrasser complètement. Je dois apprendre à vivre avec et me dire que je ne suis pas un boulet pour les autres, que j’ai toujours peur de décevoir quelque part. Le pire, c’est que je sais qu’il faut que j’arrête de penser de cette façon. Il y a des moments où j’y arrive, d’autres où ça me prend sans que je m’en rende compte.


Je m’excuse tout le temps, cela fait partie des conséquences du TAS. Je ne rentre pas plus dans les détails dans la manière dont je vis ça, pour ne pas déranger – tiens, c’est une autre conséquence du TAS aussi, hum.


Parlons écriture, maintenant. Deux projets abordent la question du TAS : le Tissivers, où je reste un peu en surface, à travers le personnage principal, Ambre ; A.V.I.A, via Irène, qui fait partie des personnages principaux, de façon plutôt costaud – et je parle d’autres troubles/maladies d’ailleurs, tout aussi épuisants et incompris. Peut-être que ça transparaît dans certaines de mes autres histoires, ce sera la faute à mon subconscient dans ce cas ^^.


C’est une autre manière pour moi d’exorciser le mal si on peut dire ça et, peut-être, de faire comprendre aux personnes qui sont sceptiques, qui s’imaginent que c’est juste « dans la tête », que tout comme pour la dépression, la volonté de lutter seule ne suffit pas, que nous ne sommes pas des personnes qui baissons les bras en permanence, qui jouons la comédie, ou que sais-je encore.


Le TAS conditionne mon perfectionnisme et mon syndrome de l’imposteur. Je ne vous explique pas le mélange !


Est-ce que cela veut dire que je porte un masque, que je ne me montre pas telle que je suis vraiment ? Pas forcément, et pour cause : malgré la peur, je m’efforce de le baisser, ce masque, et d’être moi-même, même si j’ai juste envie de fuir. Si j’étais dominée par mon TAS, je n’aurais jamais envoyé mes écrits à des ME, je ne me serais jamais proposée en tant que bêta-lectrice ou correctrice auprès d’autres copinautes écrivains. Je n’aurais jamais posté mes histoires sur le web, aussi, commençons par là…


Merci de me supporter telle que je suis.

©2020 by Justine_CM