Gradient

Des sentes aux Ans Fers (19 ans)

 

Encore
En symphonie peinte de vipères couleuvres
Aux sèves abritées de silences
Souviens toi

Ce passé forgé de nos doigts blancs
S'efface

Se dissout
En poudre d'astres détestés
Ma mémoire se dilate
Ecorchant les synapses
Sans rien attraper, j'ai oublié...
Neurologie maladive
C'est dommage
Les tourbillons nacrés du ravage
Sont là
Vivants.
Hurlant pour nous fuir
Je suis prisonnière
Asphyxie entre deux infarctus
Mon âme est trouée d'abîmes
Gruyère des sentiments
Recouvrant sa chair mutilée en martyre
Sur un drame
Théâtre des organes irrigués
Explose en nova morte
Myocarde défaillant
Sous le sel du péché
Je n'arrive pas à grandir
Atrophie squelettique
Parce que je tombe
Sans mes lambeaux d'ongle
Aux pieds de ma lâcheté.
Petite lueur sans soleil n'est plus rien
Je ne me bats plus
Vide interstellaire de mon sang traître
Il n'y a plus de ficelles
Même celles en veines et nerfs
Ni d'attaches
Mes tendons claquent dans les myriades d'iris moirés
A mes os en bois de verre
Se fixent la gangrène de l'orgueil
Je paye mon existence
En monnaie de pierres chutant dans mon estomac
Tout se soulève
La bile se dilue dans l'hémoglobine de mon plasma
En mousseline de sang
Imbibée de globules noirs
En liqueur d'âme mère
Poison enterrant mon cercueil
Qui m'a abandonnée
Sous une terre aride et sèche comme mon esprit
Pardon...
Et oublie moi.

©Lunastrelle

Soufre rance (19 ans)


Chuchotements inédits, couverts de rauques fissures
Claquements des saisons…
Et un petit coup d’air dans le feu
Peut-être une Aube ramassée comme une traînée
Ça se glace en cendres éraillées
Qui ne savent plus
Où sont les routes de la fin
Les précipices crachent
Toute leur noirceur et leurs déroutes

Pas de chemin
Existant si ce n’est
Chuter à l’un fini…
Suffit-il vraiment des morceaux comme ça
Pour justifier ses tourments d’outre-tombe
Crier des veines d’ambroisie
Ne sert qu’à enterrer ses fantômes blafards
Point de non-aller
Re-mise en route du jeu
Pour mieux s’étrangler…
Mal aux côtes, entre elles se prolifère
Un petit bout de verre
Qui craque, qui craque…
En ensanglantant le bleu des rêves
Et les portes claquent, elles aussi
Le chant des soupirs et des interdits
Gémit sans arrêt, craquelant les murs
Et les fruits sous la nausée
Eux, qu'attendent-ils
Pour éclater leur peau
Trop hurlée, trop salée...
Les mains se ligotent
Aux chevets des sommets agonisants
Et puis ça attend
Que tout s'évapore en parfum
De corde coupée en cris

...

Je veux retourner à la maison…

 

©Lunastrelle

TSM (20 ans)

Je promets de fermer mes lèvres écorchées
Avec du fer rouillé et des clous oubliés
Comme ça une paix te sera accordé
Petite fille née pour se plaindre et pleurer

Je promets de cacher mes pauvres yeux brûlés
Avec de l’ouate en or et de l’acide fort
Tu ne verras jamais mes larmes endeuillées
Dans ce creux futur mort accordé à mon corps

Je promets de sceller mon cœur désenchanté
Avec du fil d’argent et du poison violent
Tu ne sauras jamais ces abîmes glacés
Que tu détestes tant à en crever mon sang

Je promets de briser mon esprit fatigué
Au seuil d’une prison aux couleur d’abandon
Comme ça une clé gardera ces pensées
Qui possèdent le don de tout gâcher en long

Je promets tout cela, mes doigts étant si las
De se casser aux murs de ton âme si dure
Petite fille va éteindre son aura
Et à coups d’art obscur noyer la fée d’azur…

Je te promets surtout que je ne serai plus
D'ombre et de cramoisi en étoiles de chine
Mon encre vit partout au venin de ma mue
Accompagnant mes cris en maux peints de violine

© Lunastrelle


Des airs de sang sous la lune (20 ans)

Abandon de mes maux tout au long de mes bras
J'ai le cœur bien trop froid pour surmonter tout ça
Au fond de mon esprit, plus de fragment planté
Juste un peu de débris en mon corps décharné

Tout s'est éteint et tu au chant de noirs corbeaux
Arrachant en mon cœur de vains et creux tombeaux
Je suis là et ailleurs, je suis un mur blafard
Au son las et passé d'un glas trop sur le tard

Mais pourquoi respirer quelques souffles morts-nés?
J'ai perdu par erreur cette dernière clé
Pouvant réassembler ce gracile pantin
De cette âme saignée et bleue qui m'appartient

Hélas j'ai échoué, de moi jusqu'à mon air
Au sein blanc et gelé de ce sordide enfer
A la vie je suis crue, s'y fier est si bien
Au rythme des langueurs par les roses brûlées...

© Lunastrelle

 

[Comme A...] (22 ans)

Le blues est là et les doigts de mon âme
Chantent ce qu’ils ne crient
Jusqu’à s’asphyxier…
Le cœur se fend et la forêt
Celle qui jadis animait mon sang
De ses arbres-bronches
Poumons de vie…
Vole.
Abandon de ma psyché
Reliant la vie et l'oubli.
Ils creusent la mort en sillons pourpres
Avec ces roses blanches
Si chaudes en mes mains pétrifiées.
Il gèle à pierre fendre
Dans mon coma...

© Lunastrelle