Gradient

Veillée sentimentale - chanson (22 ans)

 

Une angoisse au cœur
L’émoi pâle crispe mes mains
La plume nocturne s’éveille
Ma peau brune se livide
L’Attente se soutient
Sous mes fols songes

Le soleil se lèvera-t-il demain ?
Qu’il somnole
Qu’il larmoie


Le sommeil volage
Le toucher onirique aux yeux clos
Attend que l’heure se diurne
Suspend les sens au silence
Après Nuit, qui sonne pour Matin
Avivé de sons

Le soleil se lèvera-t-il demain ?
Qu’il somnole
Qu’il larmoie


Combien de temps vais-je esquisser
…Esprit…
L’esprit hurlant à l’intérieur de moi
…Yeux…
Mes yeux n’aspirent qu’à trouver la voix
…Cœur…
Mon cœur tarde de la laisser jouer

Le soleil s’élèvera-t-il aux cieux ?
Qu’il parte
Qu’il se glace


A l’aube de nos envies

Se creuse
Sans cesse

Un tunnel vers la liberté

©Lunastrelle



 

Non, pas l'heure blanche... (24 ans)

 

Mon cœur s'est tu pendant quelques tangos,

Ses battements déraisonnent sans faim.

En souverain, le tort prend mes solos,

Son baratin captive ton essaim.

 

Ses battements déraisonnent sans faim

Dans les couleurs qui délavent ma voix.

Son baratin captive ton essaim,

Pourtant vois-tu, il laboure ma croix.

 

Dans les couleurs qui délavent ma voix,

Il se morfond des peurs en dents de « si ».

Pourtant vois-tu, il laboure ma croix,

Pour supporter mon automne roussi.

 

Il se morfond des peurs en dents de « si »

Entre les draps de mes voyages blancs.

Pour supporter mon automne roussi,

Je grave à l'eau mes ennuis sur les bancs.

 

Entre les draps de mes voyages blancs,

Tu te tapis pendant que je rêvise.

Je grave à l'eau mes ennuis sur les bancs,

Où mon esprit se pose et cristallise.

 

Tu te tapis pendant que je rêvise

Au reflet fou de souvenirs éclos.

Où mon esprit se pose et cristallise,

Mon cœur s'est tu pendant quelques tangos.

© Lunastrelle

D'ébauche... (22 ans)



Un
Deux

Trois


Quatre

Deux
Un

 


Donne-moi la clé.

Je composerai alors pour toi.

Pourquoi attendre que la crème de cette nuit sans fin atterrisse dans mes mains fatiguées? Il n'y a qu'un pas à franchir avant de finir tous ces torments1, faits en chair et en sens...
Ce tapis volé chute sur les reins de la violette aux meurtrières tourmentée par les ponts soupirants. J'ouvre la bouche : il n'y a que ces fragments de papillons qui se briment et se lient, leurs centromères se fondent en un seul message qui ne veut pas briller.

Cogne mes poings, je les ouvrirai.

Une fleur, sur une montagne... Un simple éclat de pourpre défiant la mort... La métamorphose est choquante. J'aurais cru qu'il y aurait une ellipse, un serrement de cœur, de mains...

Une, un, une, un... des. Y en a beaucoup, mais pas autant que ces faux de cœur. La Faucheuse les a oubliées.

Une flamme de lys a gelé sur la paume d’une aurore désormais, ma veine blessée a juste retenu ce message.

Je m'ellébore 2.

Fermons les yeux ; peut-être que nous trouverons tous ces gestes d'or, déjà éclatés sous la mort sûre... Le fil de nos électricités corporelles a ce magnétisme-là, que je savoure alors que l'azur découche et que les ténèbres se fondent en elle...

Vivre à l'imparfait n'a plus de valeur, à lame de fond.

Donne la note.

Et je chanterai pour toi.
 

©Lunastrelle



Voyage mort-né (18 ans)

Mes yeux emplis de ce lointain vécu
Sans Aube bleue défilent dans le vide
Ou est-ce toi qui vas et viens, sans but
Juste devant ma pâle ombre livide…

Arquée à mort d’astres sans nom ni souffle
Avec espoir je brûle mes pétales
Squames d’argent, où le baiser s’essouffle
Presque en tremblant, ultime pluie létale

Si tu savais comme je te déteste !
Haine sans gel à étaler encore
Sur ta nommée existence, et il reste
Un goût de pleurs sur l’être en météore…

Dis, n’as-tu donc aucune peine en toi
Quand de fuel froid tu arraches les liens
Liant les cœurs, quand tu nargues le froid
Dis, n’es-tu que machine, nommée train ?

© Lunastrelle