Gradient

Cafard nomme… (19 ans)

Regarde
Je n’ai plus de mains
Je me les suis arrachées
Pour attraper mon cœur
Regarde
Je n’ai plus rien
J’ai juste essayé
De brûler l’horreur
Dans chacune de mes nuits
Il y a un cauchemar
Qui dévoile mes lilas
Fanés depuis hier
Et je cours sur mes peines
Pour échapper
Au goût du sang
Qui me paralyse les nerfs
J’ai perdu mon chemin
Mes pieds se font confettis
Mon cœur aussi…
J’ai peur
De ce que je suis
Et dans chacune de mes Aubes
Je pleure mon Crépuscule…

Le noir se fait Ange
Et la musique nouvelles cendres
J'ai cherché dans mon âme
Ce qui pourrait être
Ma Rédemption
J'ai besoin
D'être pardonnée
De n'avoir pu
Laisser éclore
Ces roses unitoilées*
Je ne vois toujours pas
Le boréal de mes rêves d'enfant...

Les doigts en écharpe
de violettes empourprées
Je tends mon corps au ciel
Ma voix en crève
Et ma peinture s'accouple
A l'écriture de mes sens
Gravés par la vie
Habitant ma cage d'os
Prison de mon coeur
Démuni...

 

*néologisme : univers+étoilé


©Lunastrelle


Sweet d'rime (22 ans)

 

Les poings en suspension mangent l'espace,

Ratent à l'allure d'une rature

La faille des regards, pâle populace.

 

[Le goût du sucre rouge

Se marie au fer qui l'enlace.]

 

Il tourne et tourne dans le blanc nature

Des yeux aveugles qui attendent le rêve...

Le rêve, heure d'Eve.

 

[Une suite dreamthmique dans chaque paume,

Airs so sweet.]

 

Il regarde par l'art d'hier

Ses racines mortes.

Ne pas revenir en arrière...

 

[Au pays des monts vermeilles,

C'est rêvemeilleux.]

 

Ses pas longent la force

Des courbes de la vertu.

Closes, ses lèvres murtuent.

 

[Pour une suite d'rimes

Doux rythme pour une seule.]

© Lunastrelle

 

Songes éraillés (21 ans)

 

Tu sais, quand l'aurore mord à peine le ciel,

Mes yeux saignent.

Tu sais, lorsque les myosotis peignent leurs pétales en rose,

Je pleure.

Et crie !

 

Mes doigts décrochent le fil du néant pour que les pierres roulent sur l'horizon de nos mains fatiguées.

Mes songes sont éraillés. La pelote de laine se dilue sans s'arrêter alors que les moutons de lumière mangent mes prunelles.

 

Tu sais, quand le sang gicle sur l'encre

Ma langue tombe.

Tu sais, lorsque l'hiver suinte dans les pores de la terre,

Je souffle.

Pour des cinés !

 

Les gravats des jours fendillent les miroirs ; les roses se tordent pour rattraper la saison indienne dans l'âme et les couleurs.

La langueur du feu qui habite les feuilles de ces arbres brûlent mes rêves tordus.

 

Tu sais, quand l'écharpe des nuits emporte les lucioles,

Mes plumes tranchent.

Tu sais, lorsque la laine des nuages étouffe les montagnes,

Je craque.

Tous mes pince-eaux.

 

Mes songes sont éraillés.

La route trompe mes pieds usés jusqu'aux talons de mes fantasmes alors que les talents d'aiguilles ne sont pas pour moi.

Et tout ce bois frileux qui n'attend qu'une chose : être enfourné dans la bouche des mangeurs de pierre !

 

Tu sais, quand le goudron supporte l'enfer,

Mes jambes courent.

Tu sais, lorsque les gens lèvent la tête vers l'univers,

Je suffoque.

Dans les champs-temps.

 

Le vernis des heures a suppuré sur les plaies de la mer et l'absinthe de tes ailleurs m'a embrassée sur les lèvres.

 

Mes songes sont éraillés.

 

Et moi, je te vois.

©Lunastrelle

Nightmarre (22 ans)

 

Lorsque les rêves se briseront

Sur les pavés exsangues des geôles,

Ils tisseront un diapason

Qui jouera son dernier rock and rôle.

Lorsque le vent soufflera vermeille,

Je mettrai les moutons en bouteille !

 

Prends le cauchemar par la peau blanche !

Tu verras, tu t'écorcheras mort...

Le sommeil tue et les saignées franches

Abreuvent cette bouche sans bords.

Bois dans la veine de l'insomnie,

J'absoudrai sans tarder tes non-nuits !

 

C'est une promesse tatouée

Sur le visage de tes fantômes,

 Ta lassitude croque Morphée

Dont les chemins ont perdu l'arôme.

Lorsque viendra l'astre taciturne,

Je veillerai sur tes heurts nocturnes !

©Lunastrelle