Gradient

Vision polaire (16 ans)

 

Pétales d’étoiles multicolores
Tournant autour de moi
Pieds enrobés de soie
Dansant sur un lac d’or.

 

Larmes d’eau coulant sur mes cheveux
De la pluie qui sanglote de délivrance
Mouillés comme au premier jour, mes yeux
Ouverts vers ces cieux emplis d'effervescence

 

Vapeur de feu cristallisant
L’eau de ce lac devenu si noire
Des pleurs de mon moi miroir
Qu’il déversa pendant cette danse, souffrant

 

Moi mon visage reste figé comme le marbre
Semblant insensible et cruel, je continue
Puis je m’écroule, je me retrouve sur un chemin ardu
Où je me suis engagée, bordé de sombres arbres

 

Nuit sans étoiles venant parsemer
Sa voûte si tourmentée
Je marche en peinant sans hurler
Mon cœur changé en pierre aura du mal à se réveiller

 

Une lune se teintant de sang
De ma vie apparaît, je la vois
Je tombe, seule confrontée à mon moi
Et des larmes bleues de désespoir tombent lentement

 

Cette mère des étoiles se décolore
A chaque larme que je verse
Ce sang tombe en averse
Sur mes mains et mon visage incolores

 

Je me suis perdue
Je crois, cette vision
N’est rien, qu’illusion
Stérilité, je n’ai rien vu
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Ce ciel sans étoiles, les a tout simplement pleurées
Elles sont venues voler autour de mon corps
Quand je dansais, elles se sont sacrifiées
Pour me rappeler que la Mort

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Est incertaine et capricieuse, et que moi il ne me reste que ma vie à vivre
©Lunastrelle


Nova (22 ans)

 

Il y a elle,

La grande étoile aux doigts-follets,

Qui bercent les comètes.

Sa lumière palpite et fond

Dans l'iris des yeuxnivers.

 

Vous savez,

Elle attend son cœur.

 

Il y a elle,

La petite flamme au fond des eaux séantes,

Qui la couve des embruns.

Sa chaleur halète de terreur :

Bientôt, elle devra s'éteindre dans l'étreinte du Grand Bleu.

 

Pour tout vous dire,

Elle a peur de ses propres braisombres.

 

Et il y a... moi,

Qui pose mes plumes une par une,

Tourmentuées par le souffle de la terre.

Mon étincelle éclate,

En lucioles touchées par l'amourante.

 

En fait...

Je suis vivante de peur.

©Lunastrelle

Tous ces silences qui me tuent… (19 ans)

Dire que j’ai passé des instants
Saignés d’envies et de néant
A tout ingurgiter en moi
Tout refouler
Pour mieux recracher plus tard
Dire que j’ai cru pouvoir oublier
Qu’un cœur existait
Dans ma poitrine ridicule

Glace
Gel effroyable de mes veines
Qui se décousent en somnifères
Pour mieux animer
Mes insomnies braillées
Pourquoi m’as-tu laissée
Alors que j’y croyais
Dur comme chair !
Pourquoi j’ai dit oui
J’aurais dû attendre encore
Avant de toucher les ailes
Du diamant des astres
Je n’y avais pas droit
Mes erreurs m’ont encore coûté
Le sang de mes murs
Et la sueur de mes cauchemars
Chaque goutte d’air
Que j’expulse sur la toile
Se liquéfie en milligramme de sel
Pour mieux ronger mes lèvres
Ce poison s’écoule dans mon âme
Pour la pourrir davantage
Je ne mérite pas mieux
Je ne suis qu’une écervelée
Comme les autres

Glace
De mon cœur qui s’effrite
Qui réagit en H2O
Pour mieux se faire acide sulfurique
Il s’arrête pour mieux battre
Et tricoter mes déveines
Qui s’installent en abattoir
Sur mes mains tueuses
Les fleurs de mes eaux
Fanent sous mes doigts vengeurs
La galaxie se tord
Pour mieux m’étrangler de honte
Ce n’est pas un silence que je joue
Mais un cri qui n’en finit
Et qui reste muet devant tes yeux
Qu’ai-je fait pour mériter ça
J’ai pêché par omission
De connaissances
Mais suis-je si horrible
Pour crever à en vivre
Le violon de mes rêves
S’est arrêté
Je n’ai plus rien
Sauf mon être
Et mes doigts pour créer
Qui ne tracent que du noir
Qui ne frôlent que du mépris

Glace
Je ne sais inspirer que ça
Ce n’est pas un silence que je pleure
Mais un cri qui n’est toujours pas entendu
Ce n’est pas un silence qui me parle
Mais un autre qui me tue…


©Lunastrelle
 

Nebula (22 ans)

 

Une lune sans nuit

Bâille aux corbeaux funestes

Ses rayons qu'on sait lestes

Sont à l'air qui reluit.

 

La lèvre tremblotante

De l'étoile fileuse

Éclot dans cette affreuse

Cette terrible âmante.

 

Elle qui doucement

S'empare de l'éther

De mon cœur en « senther »

Au bout d'un filament.

©Lunastrelle